LE PELERIN FOU

Les chiffres souvenirs de notre Pèlerin...

1212 km parcourus

9 cols passés dont 3 à plus de 4000 m

22000 m de dénivelé cumulé

150 litres d'eau

25 poulets

1 cochon d'Inde

1 kg de graines de chia

4 kg de flocons d'avoine

800 gr. de protéines de soja

20 soupes miso

15 galettines de céréales

3 paires de basket usées

3 craquages

6 douches chaudes 

3 nuitées sans eau

1 nuitée sans électricité

Rédaction du journal de bord : Aurore TREILLE

Dimanche 18 septembre : il l'a fait !

A l'heure qu'il est, nous n'avons pas de détails sur le contenu précis de cette dernière journée. Un certitude cependant : il l'a fait, ils l'ont fait !

 

Notre équipe, notre Pèlerin Fou -qui porte désormais plus que jamais bien son surnom- ont atteint le Machu Picchu. Il porte désormais très haut les couleurs de l'association "Vaincre la mucoviscidose". Peu y croyait, beaucoup pensait que c'était le défi de trop. A force de persévérance et avec un mental hors du commun, il y est arrivé. Il n'était pas seul : Juan et Oscar étaient là pendant toute cette épreuve, dans tous les moments.

 

A l'arrivée au sommet, les pensées de notre Pèlerin sont pour tout ces malades qu'il a eu l'honneur de représenter ces dernières semaines. Il espère par ce défi avoir montrer toute la puissance du mental, les avoir fait voyager et leur avoir humblement apporter une peu d'oxygène...

 

A son arrivée, il déclare :

 

"Je me suis lancé un défi.
Aujourd'hui, le but est atteint.
Et à l'heure qu'il est, je reste bouche bée et silencieux devant toute l'émotion que je ressens.
Mais je pense à vous qui m'avez soutenu et accompagné par votre présence, vos messages, vos dons...
Je pense aussi à ceux qui sont dans la douleur, la difficulté, la tristesse...
Et je pense à ceux qui ne sont plus là....
Je ne trouve pas de mots assez vrais et forts pour vous remercier, tous."

Samedi 17 septembre : Aux portes du Machu Picchu...

L'arrivée est prévue pour le lendemain. Pourtant, cette avant dernière journée de 38 km ne sera pas une partie de plaisir pour notre équipe.

 

Il va tout d'abord falloir modifier les pensées initiales de passer par la route. Haut lieu touristique, celle-ci est très empruntée par les cars... courir le long serait risqué. Faire le trajet en bus  serait moins risqué mais trop long au goût de notre équipe : le bus met 6 heures pour contourner la montagne!

 

Reste une solution un peu folle mais plus directe : le train ! Enfin, disons plutôt la voie ferrée du train... Accompagné d'un bolivien péruvien rencontré la veille, notre Pèlerin et lui parcourent 17 km sur les rails avant... de se faire rattraper par la patrouille ! Alors demi tour...

 

Finalement, ils avancent un peu en bus, un peu en voiture, un peu en courant, doublant parfois quelques sherpas... Poussière, gravillons, une chaleur écrasante... "Pour la dernière étape, ça a été costaud !"

 

Mais ça y est, ils sont désormais à Aguas Callientes, 4 km du Machu Picchu. Ils réservent cette arrivée pour le lendemain afin d'en savourer pleinement tout le plaisir

Vendredi 16 septembre : rencontres et médecin

Afin de se ménager pendant les deux jours qui suivent, notre Pèlerin a aujourd'hui décidé de réaliser une sortie plus longue de 50 km. Les jambes sont là. Oscar l'accompagne en début de matinée sur une dizaine de kilomètres.

 

La journée sera marquée par de belles rencontres. En effet, alors que Juan attendait notre Pèlerin dans un magasin, il raconte au commerçant leur croisade. Le commerçant se montre très intéressé et vraiment sensible à la cause du Pèlerin. A tel point que Juan et Notre Pèlerin repartiront avec une casquette et des cartes postales faites maison à partir de pétales de fleurs et de peintures gracieusement offertes.  Mais ça ne s'arrête pas là ! L'enthousiasme du commerçant est tel qu'il ferme sa boutique et emmène notre équipe dans la ville pour la leur faire découvrir, en compagnie de sa femme. 

 

Tandis que Notre Pèlerin évoque ses douleurs aux genoux, leurs nouveaux amis Péruviens les emmènent chez "Tapia", un médecin guérisseur. Et voilà notre Pèlerin et Juan -qui souffre d'une douleur lancinante aux orteils- couchés sur un banc d'examen, les articulations recouvertes d'un mélange de plantes indéfinissable, et manipulés dans tous les sens. Juan n'en revient pas, il semble "miraculeusement" remis !

 

Lors de cette "auscultation", notre équipe explique une nouvelle fois son périple au médecin. Enthousiasmé également, celui-ci promet de réunir une délégation qui attendra notre Pèlerin au sommet du Machu Pichhu pour saluer la performance et mettre en avant la cause de la mucoviscidose sur l'un des plus prestigieux site au monde.

 

Pour couronner cette journée, notre Pèlerin, Juan et Oscar ont de nouveau rencontré Miguel le cycliste dont nous vous avions parlé il y a quelques jours. C'est avec lui, autour d'une bonne table, que se clôturera l'après-midi.

Jeudi 15 septembre : belles surprises

Quand nous parvenons à joindre Notre Pèlerin, il est 13h30 au Pérou. Avec Juan, tous les deux sont assis à la terrasse d'un petit restaurant Péruvien. Ils ont fini de manger leur traditionnelle soupe à la coriandre, leur sempiternel mais non moins délicieux poulet et savourent un café en regardant le défilé de centaines de bonnets péruviens dans la rue commerciale devant eux.

 

La matinée a commencé tôt. Levé de bonne heure, le départ de ses 40 km journaliers a eu lieu à 6h du matin. Une bonne surprise l'attendait : sur la place centrale de Cusco d'où a lieu le départ, des licenciés du club de Perurunners se sont joints à lui sur les 5 premiers kilomètres. Mieux encore, ils ont joué de leurs connaissances locales pour donner accès à notre Pèlerin au site protégé de Sacsayhuaman. Normalement avec un accès très réglementé, notre équipe a pu découvrir les merveilles archéologiques qu'il renfermait. C'est avec un oeil d'artisan plus que d'apprenti historien que notre Pèlerin s'émerveille devant la disposition et la taille de pierres aux dimensions colossales : "Comment ont-ils fait ? Ces bloc pèsent tous plus de 2 tonnes ! Si vous voyiez les longueurs qu'ils ont fait ! de la folie ! C'est magnifique". Ils visiteront également ,Pucapucara et Tambomachay.

 

Lors de cette journée, notre Pèlerin a encore franchi un col à 3700 mètres d'altitude avant d'arriver à Pisac. Probablement l'un des derniers avant le Machu Picchu. A l'arrivée, il sent la fatigue tomber et une bonne sieste sera de rigueur. Il ne sera d'ailleurs pas le seul : il semblerait que la nuit d'Oscar ait été courte également, passée avec de nombreux amis retrouvés à l'occasion de cette étape... Lui aussi cherche un peu d'ombre pour sommeiller...

Mercredi 14 septembre : arrivée à Cusco, aux portes du Macchu Picchu

Notre équipe est arrivée aujourd'hui à Cusco, au pied du Machu Picchu. Cette journée de course n'a pas été agréable. A l'entrée d'une ville aussi grande, la course se fait le long d'une nationale très fréquentée où les véhicules se doublent dans tous les sens, à deux voire même à trois véhicules de front : poussière, bruit, danger... L'arrivée est cependant une belle récompense. Le place d'armes du centre ville est magnifique et pour la première fois depuis 1 mois, notre Pèlerin n'a jamais vu "autant d'Européens au mètre carré !".

 

Ils logent dans un hôtel sympathique mais il n'y a malheureusement plus que deux places. Oscar va donc se séparer de notre équipe pour la nuit et rejoindre des amis qu'il connait en ville. Petite inquiétude pour le véhicule qui va rester sans surveillance de l'autre côté de la ville. En effet, Juan n'est pas parvenu à le rapprocher de l'hôtel : "On ne peut pas s'imaginer à quel point il est difficile de conduire ici. C'est de la folie. Il n'y a pas de place pour se garer, les rue sont étroites, ça klaxonne et ça double dans tous les sens, si tu t'arrêtes trente secondes pour laisser quelqu'un au bord, ceux qui sont derrière te pousseraient s'ils le pouvaient ! Ce sont des fous au volant !".

 

Tranquillement notre Pèlerin et Juan vont faire redescendre la pression dans un petit bar de la ville devant un match de foot. Ensemble, ils vont réviser les trois dernières journées qui les attendent. Elles seront jalonnées de la découverte de sites archéologiques, jusqu'à les conduire, dimanche, au Graal tant attendu : le Machu Picchu...

Mardi 13 septembre : 1000 km en courant !

Ce mardi 14 septembre est un symbole pour notre Pèlerin : aujourd'hui, il a franchi la barre symbolique des 1000 km en courant ! Il est désormais aux portes de Cusco et enfin, il le dit : "je finirai maintenant". En effet, jusqu'à ces derniers jours encore, le doute naissait parfois en lui. La fatigue et une forme de lassitude à l'effort s'accumulant, il en venait parfois à douter...

Aujourd'hui, il a court une partie du trajet au milieu des agriculteurs qui manifestent contre leurs conditions de vie. C'est avec beaucoup d'étonnement qu'ils regardent notre coureur et son "parachute". Son "parachute" ? C'est en effet très souvent ainsi que les péruviens désigne le camelbak sur son dos (sa réserve d'eau) ! Notre Pèlerin se faufile donc au milieu des manifestants, des gravas, des arbres abattus, des pneus brûlés et des policiers.

L'étape se déroule pourtant sans encombre : "28 km de côte et 15 de descente avec de bonnes jambes". Et puis enfin, à la hauteur d'un péage, il franchit la barrière symbolique des 1000 km ! Un mélange de soulagement et de fierté l'envahit.

A son arrivée au camion, un délicieux repas l'attend. Juan et Oscar sont en effet devenus des "cuisiniers de l'extrême', parvenant à préparer de délicieux petits plats dans une voiture avec un simple réchaud et des aliments très basiques. Au menu donc, une simple et délicieuse salade de riz complet avec tomate et oignons émincés pour fêter l'occasion ! La nuitée se fera par contre dans un hôtel très sale et dans un état de délabrement avancé...mais qu'importe : demain, il arrivera à Cusco, au pied du Machu Picchu !

Lundi 12 septembre : fatigue et chaleur

L'étape du jour a été rendue difficile par la fatigue et la chaleur. Juan, lui, va finir par "payer" tous les coups d’œil inquiets qu'il jette de part et d'autre de la voiture en conduisant par un torticolis ! Dans ces cas là, rien ne vaut un bon massage à la péruvienne !

 

Les nuits sont souvent courtes pour Juan et notre sportif. En effet, Oscar qui les accompagne aime profiter de ses quelques nuitées à l'hôtel pour regarder la télévision péruvienne jusqu'à 1 ou 2 heures du matin... ce qui n'est pas au goût de nos français qui veulent dormir ! Aujourd'hui, une fois que la télévision s'éteint enfin, vers 3h du matin, ce sont les coqs qui prennent le relais sous les fenêtres de nos héros. Serait-ce une façon de provoquer notre Pèlerin pour tous les poulets  savourés au cours de son séjour ?

 

Dans la mesure où il était réveillé, notre Pèlerin a donc chaussé les baskets à 5 heures du matin. Sur son chemin, à cette heure matinale, il a rencontré une équipe d'une trentaine de cycliste hollandais avec leur camion d'assistance. On discute, on se salue, on échange. L'un des cycliste confie : "Beaucoup de gens parlent de vous et de votre aventure sur la route !".

 

Cette réflexion fait réfléchir notre Pèlerin. Des gens, il en a en effet beaucoup rencontré et il a souvent essayé d'expliquer sa cause. Cependant, dans les contrées reculées qu'il a traversé ses derniers jours, il sentait que son discours était déconnecté des conditions de vie auxquelles il était confronté : "Les campagnes du Pérou sont "rudes", dans tous les sens du terme... Quand on sert la main des habitants, c'est du bois, leur visage sont souvent sans sourires, durçis par la rudesse de leur vie. Ce que je fais est inutile selon eux, ils ne comprennent pas... Eux, quand ils se déplacent, ce n'est pas "pour rien". Ils ne voyagent pas à vide, ils ont toujours du bois, des courses...". Notre Pèlerin ne se sent pas gêné pour autant :  il constate simplement combien, sur une même planète, la disparité des conditions de vie peut être importante. "Ici, il n'y a rien. Depuis notre départ, les douches chaudes se comptent sur les doigts d'une main. On voit des enfants se promener avec des bouts de pneu aux pieds pour sandales. Les paysages sont à couper le souffle mais le degré de pollution est très élevé. Il y a des détritus de partout dans les campagnes. Tous les enfants ne vont pas à l'école et on voit que l'éducation fait défaut."

Samedi 10 septembre : arrivée sur le site de Limatambo

Après une agréable nuit passée chez un Italien, notre Pèlerin parcourt 44 km : 30 de montée et 14 de descente avec un col à 4000mètres au milieu. Depuis quelques jours, outre sa douleur persistante au genou, les bonnes sensations sont là et l'étape se déroule sans encombre majeur. L'arrivée a lieu sur le site de Limatambo : l'ancienne construction espagnole de plus de 500 ans que notre Pèlerin y découvre est hélas en piteux état. Il n'y a pas d'argent pour restaurer cet ancien vestige colonial... Spécialisé dans les aménagements extérieurs, notre Pèlerin en admire la taille des pierres.

L'arrivée au Machu Picchu est juste ... de l'autre côté !

Jeudi 8 et vendredi 9 septembre : arrivée à Abancay

Notre équipe est arrivée dans la ville d'Abancay: des paysages toujours très montagneux avec beaucoup d'eucalyptus et désertiques par endroit. Notre Pèlerin a bien courus ces 3 jours, parcourant même 50 kilomètres en 4h52 aujourd'hui. Est-ce que c'est le sentiment de s'approcher de l'arrivée qui lui donne des forces? D'après notre Pèlerin, c'est surtout l'envie d'en déterminer avec cette étape qui se déroulait en bord de route dans des paysages assez lassants sur la durée en courant.

Ils sont désormais à 2400 mètres d'altitude, retrouvant les grandes chaleurs et surtout de féroces moustiques. Lors de leur trajet, ils ont été interrompus par une intervention de la "DDE péruvienne" à la suite d'un éboulement sur la route. Ce genre d'événements est très fréquents sur ces routes escarpées, heureusement que notre équipe les emprunte à la bonne saison. Juan décrit : "On voit parfois les pierres suspendues et ça vaut le coup d'oeil : on ne comprend pas comment elles tiennent et on espère qu'elles tiendront le temps qu'on passe".

Au menu du jour, encore du... poulet ! Il faut dire qu'il est délicieux :  du vrai poulet d'élevage rôti, toujours accompagné de frites maison ! "Ici c'est le pays de la patate; patate tous les jours. Elles sont bonnes c'est vrai mais patates tous les jours..."

Arrivés à Abancay, ils profiteront donc d'un accueil chaleureux dans un charmant hôtel et auront la chance de faire la connaissance du président du club de course à pied de la ville. Enthousiaste, il encourage vivement notre équipe et marque son sincère soutien à la cause de la mucoviscidose.

Mercredi 7 septembre : Découvertes culinaires réciproques

Les 40 km du jour se sont faits en deux temps. Notre équipe adopte peu à peu sa méthodologie et modifie les parcours sur place en fonction de ses connaissances désormais plus précises des habitudes locales. Ainsi, notre Pèlerin ne court désormais plus à l'entrée et à la sortie des villes et villages et se fait toujours véhiculer sur ces portions. Au Pérou, la route appartient en effet au véhicule et il n'y a aucune attention prêtée aux piétons: le danger est permanent et la conduite parfois approximative et sportive !

 

Le matin, en partant de l'hôtel, étant donné la curiosité de leur hôte, Juan leur a fait goûté les produits de leur sponsor Celnat qui constituent la base de l'alimentation quotidienne du Pèlerin : galettines aux flocons de céréales et potages... Les Péruviens ont apprécié !

 

Notre équipe, elle, a découvert à midi une spécialité locale : la "ceviche". Il s'agit d'une forme de carpaccio de poisson mariné dans du citron et accompagné de maïs grillé. Un délice ! Quand on demande à Notre Pèlerin s'il goûte lui aussi la cuisine locale, c'est Juan qui prend la parole en s'exclamant : "Au Pérou, il fait une cure de poulet ! on se demande s'il ne va pas finir par lui pousser des ailes !".

Mardi 6 septembre : la lagune de Pacucha, la souffrance...

Petite halte dans l'avancée pour profiter d'un magnifique site géologique  : la lagune de Pacucha. En faire le tour à partir du village voisin représente une quarantaine de kilomètres, ça tombe bien !En plus, le site laisse rêveur même si, n'oubliant pas d'être chauvin, Notre Pèlerin déclare : "c'est très beau... mais en fait c'est un peu le lac du Bouchet en 8 fois plus grand..."

 

 

Pas de difficultés majeures si ce n'est l'altitude qui est toujours au delà des 3000 mètres. Les jambes avancent correctement mais au 30ème kilomètre, arrêt soudain. Gros coup de fatigue pour Notre Pèlerin : il est rejoint par Juan et Oscar qui l'encouragent à se relever mais ça ne repart pas... Serge Dubois s'endort par terre en quelques secondes. Son corps réclame une pause. Elle ne dure que 20 minutes mais lui permet de finir l'étape. "J'étais sec, vidé...10 km ça n'est pas long en soit... Mais quand ce sont les 10 derniers de la journée et qu'on sent qu'on n'a plus de réserves, on n'en voit pas le bout. J'étais crâmé !" Heureusement, il n'est pas seul : tour à tour kiné, coach et cuistos, Juan et Oscar s'occupent de lui... mais ils sauront aussi profiter du lieu pour faire un petit footing d'une dizaine de kilomètres.

Dimanche et lundi 5 septembre : en route vers le site incas de Vilcashuaman

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Dimanche, notre Pèlerin paye ses bonnes sensations de la veille. A plusieurs reprises, il a déjà remarqué qu'après avoir couru très haut en altitude et "manqué d'air", les lendemains étaient difficile. Une sensation qui semble se confirmer car malgré la "facilité" de cette étape de 39 km assez plate, il a du mal à avancer. D'autant plus que la nuit a comme souvent été difficile. Juan nous le confirme : "Ici, la journée semble commencer à 3 heures du matin ! Il y a les premières navettes de bus qui passent et qui arrivent en klaxonnant dans toute la ville pour signaler leur présence... et c'est l'effervescence ! Et puis bien sûr, y'a toujours des chiens qui aboient !".

 

Lundi sonnera l'heure de l'arrivée sur le site de Vilcashuaman. Touristique, le site n'en reste pas moins remarquable ! De formidables vestiges incas très bien conservés sortent encore de terre et notre équipe prend plaisir à les découvrir. L'ambiance est au beau fixe, tout le monde est détendu et profite du moment... Pas trop longtemps quand même : il faut en effet que notre équipe revienne sur ses pas pour rejoindre le point de départ de l'étape suivante qui est à 6 heures de "route"... Juan se rappellera longtemps du sentier escarpé et accidenté emprunté...

Samedi 3 septembre : Course jusqu'à 4200m d'altitude

Le trailer Péruvien rencontré la veille a proposé à notre Pèlerin de courir avec lui au début de l'étape, pour l'aider à sortir de la ville. Ils courent ensemble une dizaine de kilomètres. Peu de mots sont échangés : la satisfaction simple, sans fioritures, de deux cultures qui partagent un plaisir commun.

 

Les sensations sont excellentes malgré la difficulté de l'étape : 44 kilomètres dont 39 de côte. Notre Pèlerin se surprend à parvenir à courir en altitude : sa montre GPS lui indique 4200 mètres d'altitude !

Vendredi 2 septembre : Arrivée à Ayacucho

Notre Pèlerin dira de cette épreuve : "j'ai mangé du gazoil". En effet, à l'approche d'Ayacucho, une de leur ville étape, la route est très fréquentée. Même si elle se déroule sans encombre, cette étape est peu agréable. A noter cependant une spécialité locale au repas de midi: le cochon d'Inde ! "C'est assez fin, c'était bien préparé, ça ressemblait un peu à du lapin".

Le centre ville, agréable et joli, dénote avec l'immense bidonville qui entoure la cité et dont notre équipe préfère s'éloigner rapidement. "C'est vraiment la préhistoire ici, on ne peut pas s'imaginer. Ils fabriquent des briques en terre et en paille, ils n'ont souvent pas l'électricité... Ils se demandent ce qu'on fait ici... Et nous aussi parfois ! Dans ces zones là, notre discours sur la mucoviscidose est totalement hors de propos tant la misère est grande."

Dans le centre, ils suscitent la curiosité... d'un trailer Péruvien ! Féru lui aussi de course à pied, il se montre curieux sur leur aventure et les invite à partager un repas chez lui. Il s'interroge sur les façons dont on court en France. Notre Pèlerin lui offre un T Shirt "courir  pour la mucoviscidose" : son nouvel ami sportif le porte fièrement devant l'objectif !

Jeudi 1er septembre : Magnifique mais...

La nuit de notre Pèlerin a été perturbée : les chiens du quartier faisaient très régulièrement des concerts d'aboiements qui n'étaient pas au goût de notre équipe. C'est donc les yeux cernés que Serge DUBOIS a rechaussé les baskets à 6h de matin pour profiter de la fraicheur matinale. La chaleur et le soleil brûlant dès midi sont en effet très durs à supporter, tant pour notre coureur que pour Juan et Oscar. N'oublions pas en effet que ces derniers précèdent le Pèlerin : tous les 7 km en moyenne, ils le ravitaillent, attendant entre temps de longues heures, en plein soleil, sans la moindre ombre, dans un paysage désertique. S'ils trouvent parfois le temps long, c'est aussi pour eux le temps de faire une pause dans une vie dont la roue tourne toujours trop vite: on réfléchit, on se remet en question... Les mêmes réflexions naissent aussi dans l'esprit de notre coureur qui se demande parfois d'où lui vient l'envie de s'infliger toutes ses souffrances.

 

 Depuis maintenant de nombreux kilomètres, sur une petite route sinueuse, ils longent une rivière dont la pollution contraste avec l'aspect sauvage des paysages environnant. Il faut en effet savoir que les hauts plateaux péruviens sont riches en minerais : argent, cuivre... Leur exploitation, souvent dénoncée, est un véritable désastre écologique qui menace les villages alentours tout en étant, comme c'est hélas paradoxalement trop souvent le cas, une source de revenus pour eux.

 

Aujourd'hui,notre équipe a retrouvé Régis, rencontré le jour précédent. Notre Pèlerin et lui ont parcouru quelques kilomètres ensemble, parlant du Puy en Velay que Régis connait bien. Un air de nostalgie flotterait-il ? Puis la course a repris son cours : les douleurs aux genoux se sont amenuisées et les sensations sont bonnes. C'est donc dans le strict respect du planning établi et à un bon rythme qu'ils avancent. L'ambiance est  sereine, d'autant plus que la route empruntée est très peu fréquentée. Juan nous a en effet fait partager son expérience de la conduite au Pérou : "C'est de la folie ! Si tu voyais comme ils roulent sur ces petites routes ! Ici, il faut conduire au klaxon et c'est le plus fort qui passe. A côté, conduire dans le centre de Paris, c'est de la rigolade. Je commence à m'y faire et j'ai toujours la main sur le klaxon moi aussi !"

Nos 3 Pèlerins fous !

Mercredi 31 août : le monde est petit...

Mercredi, le départ a eu lieu à 3100 m d'altitude et s'est terminé à 2500m avec un col magistral au milieu. La chaleur était étouffante sur les 10 derniers kilomètres et l'air a vraiment manqué à notre Pèlerin. Mais il "avait des jambes"... tant est si bien qu'il en a profité pour rallonger un peu la distance journalière sachant que, le lendemain, il devra franchir un col à 3900m.

 

L'anecdote du jour est résumée par le proverbe "le monde est petit". C'est en effet dans ces paysages isolés et magnifiques que notre Pèlerin a rencontré un marcheur... d'Ambert ! Régis et sa cabane (un reportage lui a été consacré sur France 3) traverse en effet l'Amérique du Sud en marchant depuis 9 mois. Heureux de discuter ensemble, notre équipe Pèlerin Fou et lui devraient se revoir jeudi.

 

L'absence de wifi empêche notre Pèlerin de nous transmettre des photos mais il l'a promis, quand on les recevra enfin, nous allons "en prendre plein les yeux !" : si les villages sont quasi inexistants, les paysages sont en effet, eux, à couper le souffle !

 

En attendant, à 19h heure péruvienne, notre Pèlerin et Juan s'apprêtaient à découvrir la recette des nouilles chinoises d'Oscar !

Avec Régis, le marcheur Ambertois

aussi fou que notre Pèlerin

Mardi 30 août : froid, chaud, très chaud...

Notre Pèlerin est  de retour sur la Cordillère des Andes: il ne la quittera plus, désormais, avant son arrivée à Cusco. La Cordillère, "c'est magnifique" nous raconte-t-il, mais c'est très haut. Les températures sont donc très basses la nuit et frôlent  les 38° dès midi. Les conditions de course, et de vie tout simplement, sont donc rendues très difficiles.

 

Mardi, notre Pèlerin a rejoint le village d'Izcuchaca :  38 kms avec une montée progressive sur 25kms pour atteindre le sommet à 3700m. La respiration se fait haletante et difficile. L'air semble manquer... A leur arrivée, c'est la fête au village : notre équipe terminera la soirée avec des feux d'artifice artisanaux et dans une formidable ambiance.

Lundi 29 août : On a frôlé l'abandon...

Cette journée et la nuit qui l'a précédée fera parti des souvenirs... mais pas forcément des meilleurs. Tout a commencé après le marathon : une course sympathique, dans une ambiance chaleureuse et avec de bonnes sensations... De quoi repartir du bon pied !

 

Oui, mais voilà... Il faut repartir sur la Cordillère des Andes pour récupérer le retard occasionné par ce retour opportuniste sur Lima, et il y a plus de 7 heures de route. Alors, rendez-vous et pris entre nos deux Français et Oscar à 13h pour reprendre la route.

 

Oui, mais voilà... C'était le groupe de course à pied d'Oscar qui organisait la course et Oscar voudrait bien leur faire un petit coucou au restaurant avant de repartir... un petit coucou bien arrosé... Une heure après, il faut vraiment s'en aller.

 

Oui, mais voilà... Oscar a oublié le carton de vivres chez lui et il faut faire un détour. Oui, mais voilà... Oups, une fois arrivé, il se rappelle que le carton n'était pas rangé chez lui mais chez un ami. Il faut refaire un détour... Enfin, ils ont la nourriture.

 

Oui, mais voilà... Lima est une grande ville et il leur faudra plus de deux heures et demi pour en sortir. Résultat des courses, à 18h, nos héros ne sont qu'aux portes de la capitale. Ils prennent enfin la route.

Oui, mais voilà... Il fallait bien que ça arrive : crevaison ! La tension commence à être palpable. Ils reprennent pourtant la route. Oscar propose de prendre le volant pour relayer Juan.

 

Oui, mais voilà... Nos Français vont comprendre à leur dépend qu'Oscar n'a en fait pas le permis ! En effet, tandis que notre Pèlerin se reposait à l'arrière du véhicule et que Juan était côté passager, Oscar se jette soudainement derrière la banquette ! Il y a un contrôle de police ! La voiture se trouve d'un coup sans conducteur et les policiers n'ont bien sûr pas manqué une miette de la scène. Alors, on s'explique, on discute, on parlemente... Au final, nos héros pourront repartir avec une amende de 200 soles !

Oui, mais voilà... Quand ils arrivent à Huancayo, la ville de départ du lendemain, il est déjà 2heures trente du matin. Alors quand l'heure du départ sonne à 7 heures, autant dire que notre Pèlerin est d'une humeur exécrable. La tension accumulée des heures précédentes explose, les reproches fusent. Oscar prend ses affaires et commence à partir à pied pour rentrer chez lui. Notre Pèlerin, lui, chausse ses baskets énervé et part en courant, de son côté, pour son étape. Entre les deux, Juan fait l'éponge ! Avec beaucoup de calme, il convainc Oscar de reprendre l'aventure, conscient que la fatigue accumulée ses derniers jours est en train de peser sur leur vie en promiscuité.

 

L'énervement de notre Pèlerin peine à redescendre pendant sa course, d'autant plus que des coups de fils professionnels contrariants vont finir de lui "casser le moral". Dès les premiers kilomètres, il le sent : "les jambes ne sont pas là, et la tête non plus". Ceci est d'autant plus dure que l'épreuve du jour est très difficile, avec un dénivelé important et un col à 3900m d'altitude. Pour la première fois depuis son départ, il le reconnait : "J'ai vraiment failli abandonner". Quand Juan lui ouvre la voiture à l'arrivée pour le faire manger, notre Pèlerin finit son assiette et s'endort profondément d'un coup dans le véhicule.

 

La soirée sera à l'apaisement. On ne parle plus des événements précédents, chacun semble conscients de ses torts : négligence, inconscience, emportement... Chacun sait où il a pêché mais l'heure n'est plus aux reproches. Aujourd'hui, c'est la fête nationale au Pérou et autour d'une bonne bière, nos trois héros ont à nouveau la tête tournée vers leur objectif ultime : finir !

Dimanche 28 août : Le semi marathon de Lima

Aujourd'hui, notre Pèlerin a pris part au semi marathon de Lima. Ce retour temporaire à Lima était important pour Oscar qui l'accompagne. En effet, rappelons qu'Oscar, en plus d'être Péruvien, est un sexagénaire dynamique, membre actif de la très célèbre association de course à pieds du pays : Peru Runners. C'est justement eux qui organisent cette manifestation et c'est avec plaisir que notre Pèlerin a accepté d'y participer, même si cela lui fait faire un gros détour (voir carte ci-dessus)

 

Dans cette étape, notre Pèlerin attendait surtout une bonne nuitée à l'hôtel. En effet, au cours de cette semaine,  il y aura eu quelques nuitées sous dans la voiture et sous la tente, sur des matelas peu confortables. Notre Pèlerin nous confie : "Oscar bouge beaucoup la nuit et j'ai du mal à trouver le sommeil. En plus, du fait des virages et des routes étroites, les Péruviens klaxonnent en roulant pour manifester leur présence et on est souvent réveillés en sursaut".

 

Revenons à cette journée marathon... Notre Pèlerin la vit comme une récréation. La présence de la foule et les encouragements permettent de se donner un nouvel élan après une semaine de souffrance. Les médias sont également présents : l'occasion de reparler en public de la cause de la mucoviscidose qu'il plébiscite. Pour ce qui est de la course en elle-même, notre Pèlerin est enchanté : il constate qu'en recourant sur terrain plat et en mettant un peu de vitesse, au bout de quelques kilomètres, ses articulations contractées se détendent. Enfin, les "bonnes sensations" sont de retour. De quoi le satisfaire avant de retourner sur la Cordillère et ce, dans un temps parfaitement respectables d'1h25 sur le semi marathon.

 

Sur cette course, il sera accompagné de Juan : aujourd'hui, ce dernier a donc quitté sa casquette de "responsable logistique" pour profiter lui aussi de la formidable ambiance de cette manifestation qui rassemblait près de 9000 coureurs !

Samedi 27 août : flirt avec le ciel

Depuis une semaine, de façon régulière, notre Pèlerin a pris de la hauteur. Tout en suivant le lit du Rio, ses foulées l'ont petit à petit porté au-dessus des 3000m. Quand il se lève le matin et qu'il faut rechausser les crampons, tout son corps lui dit de ne pas repartir : les douleurs musculaires sont omniprésentes. Il arrive à contenir celle du talon d'Achille grâce aux massages de Juan. Pour ce qui est des rotules, ça pique, ça tiraille. Il court environ 5 à 6 heures par jours, temps de repos compris. Juan et Oscar le précèdent, le ravitaillant tous les 7 km environ : eau, magnésium... Parfois, quand ils sentent que notre Pèlerin n'a pas le moral au beau fixe, eux aussi chaussent les baskets et l'accompagnent sur une dizaine de kilomètres. Tous les marathoniens connaissent bien le phénomène du "mur" du 30ème km: une sensation d'abandon vous envahit, l'impression que les jambes ne suivent plus. Ce mur, tous les jours notre Pèlerin doit le franchir. Quand nous lui demandons à quoi il pense dans ces moments là, il répond en s'exclamant: "à mes enfants".

 

Ces deux derniers jours, Notre Pèlerin, Juan et Oscar se sont rapprochés de Lima en véhicule, par la Cordillère, afin de pouvoir participer au semi-marathon de Lima de dimanche. Lors de la préparation de l'itinéraire, sur la carte, la route est bien présente... mais dans la réalité, c'est une véritable épopée. Nous ne parlons plus d'une route, mais uniquement d'un chemin... et quel chemin ! Totalement instable, avec des passages enneigés à plus de 4800m, sans âmes qui vivent... A plusieurs reprises nos héros se sont perdus, le fourgon n'avançait même presque plus dans la neige. Le Pèlerin le reconnaît : "j'ai eu une belle frayeur... et je n'étais pas le seul". L'avancée continuant, le moral des troupes est cependant bon; Juan et Oscar (notre coureur soixantenaire péruvien accompagnateur !) s'entendent bien.

 

Nos 3 héros continuent dont leur chemin, au milieu des troupeaux de lamas, d'alpagas et de vaches. Lors d'un de nos derniers échanges, après avoir mangé à plusieurs reprises des truites magnifiques qui regorgent dans la rivière voisine, notre Pèlerin s'apprêtait à goûter la spécialité locale : le cochon d'Inde !

<< cherchez la voiture !

Jeudi 25 et vendredi 26 août : vers les 3000 m

Ces deux jours devaient emmener nos trois acolytes à plus de 3000 mètres par une route très peu fréquentée. Hélas, l'absence de réseaux de communication nous empêche de vous donner plus de détails. Un rapide texto de notre Pélerin et l'envoi de magnifiques photos sont toutefois là pour nous rassurer sur la poursuite du bon déroulement de la course. A la traversée du petit village d'Alis, c'est d'ailleurs avec un humour encore présent que notre Pélerin nous a envoyé un rapide texto : "Bienvenue aux pays d'Ali et les 40... douleurs !"... un message qui en dit long sur son état d'esprit et sur celui de son corps...

Mercredi 24 août : Poursuite de l'ascension

En raison d'un réseau de communication quasi inexistant dans cette zone, nous ne serons pas en mesure de vous donner beaucoup de détails pour l'instant sur cette journée. Cependant, un rapide coup de téléphone de notre Pèlerin dans la nuit de mercredi à jeudi a permis de nous rassurer. Nos trois héros vont bien. Le Pèlerin a pu réaliser ses 40 km journaliers en début de matinée sous une petite pluie fine. Le soleil était de retour en fin d'après midi. Comme lors de son périple vers St Jacques de Compostelle, les douleurs aux genoux et aux talon d'Achille sont désormais présentes continuellement, obligeant notre Pèlerin à se dépasser. Il traverse des paysages splendides et devrait être en mesure de nous transmettre des photos vendredi soir. Nous avons hâte d'y être ! Courage Pèlerin ! Bravo Juan et Oscar !

Mardi 23 août : Poursuite de l'asscension

Il semblerait que nous ne parviendrons pas à rentrer en contact avec notre Pélerin et Juan avant samedi prochain, date de leur retour à la "civilisation" et aux réseaux de communication. Encore quelques rapides textos échangés. Heureusement, dans cette ascension, il y a de moins en moins de circulation, ce qui enlève un souci. Il longe la rivière bordée de végétations et de cultures. Il semblerait par contre que notre Pélerin soit toujours aussi impopulaire auprès des chiens et... des moustiques ! Pas facile de courir en se grattant ! Aujourd'hui encore, il est parvenu à effectuer ses 40 km journaliers mais les jambes sont lourdes et pendant toute la course, sa tête a continuellement été en négociation avec son corps pour surpasser des douleurs déjà bien présentes...

Lundi 22 août: Début de l'ascension vers la Cordillère

Les deux premiers jours de course, même s'ils ne présentaient pas d'intérêt majeurs en terme de paysage, étaient surtout destinés à faire tourner les jambes sur la distance journalière prévue (40 km), sur du plat, le long de la côte Péruvienne.

 

A partir de lundi, cap à l'Est pour rentrer dans les terres. Pendant 5 jours, notre Pélerin ne cessera de monter progressivement, partant du niveau de la mer pour atteindre plus de 3300 m d'altitude vendredi : une acclimatation en "douceur" de son organisme à l'altitude. Pour ce faire, il va donc suivre le lit du Rio Canete. Dans ce "canyon", les villages sont petits et dispersée, les réseaux de communication quasi inexistants. Nous n'avons pas pû nous entretenir de vive voix avec Juan depuis dimanche et nos seules nouvelles sont par quelques courts et rapides textos...

 

Lundi, sous une petite pluie fine, notre Pèlerin a donc traversé les ruines d'Incawasi, l'une de ses étapes Incas. A plusieurs reprises, il s'est fait poursuivre par des chiens Péruviens... il semblerait que le chien Péruvien ne se montre pas très accommodant avec les occidentaux ! Ce jour là, le périple aurait également pû s'arrêter lors d'un contrôle de police : visiblement très agacés par la présence de notre Pélerin, celui-ci aurait dû faire demi-tour sans l'intervention et toute la force de persuasion d'Oscar, le sexagénaire péruvien qui accompagne l'expédition. Nous pourrons vous donner plus de détails sur cette altercation quand nous aurons eu Juan ou Serge au téléphone.

Dimanche 21 août : Pachacamac - Canete

Cette étape ne restera pas dans les mémoires par sa beauté. En effet, aujourd’hui, notre Pèlerin a longé la côte Péruvienne, très urbanisée et avec un gros trafic. N’ayant pu suivre exactement le parcours initial, il a dû emprunter longtemps le long d’une 4 voies, longeant dans le vacarme et encore une fois sous une pluie fine des paysages désertiques. Une légère douleur au talon d’Achille s’est faite sentir, mais a priori sans gravité. Au retour du camion, priorité est faite au repos, sur les matelas spartiates du véhicule. Les 40 kilomètres journaliers ont donc été parcourus et salués, en fin d’après-midi, par le retour du soleil.

Samedi 20 août 2016 : Préparatifs

Ce jour là, peu de course. Il faut régler quelques formalités administratives et préparer le véhicule qui leur servira aussi très souvent d’hôtel et qu’Oscar a fait préparer : les sièges arrières ont été enlevés afin d’y installer des matelas de fortune.

Une petite inquiétude nait chez nos deux Français : une quinzaine de jours avant leur départ, ils avaient fait partir un gros carton de nourriture (« spéciale Pèlerin » : flocons d’avoine, légumineuses, magnésium...) pour ne pas avoir à l’emmener eux même dans l’avion, car trop lourd et trop encombrant. Or, à ce jour, rien n’est encore parvenu chez Oscar. Dans une semaine, ils seront de retour pour un jour à Lima afin de prendre part à son marathon : espérons que la nourriture sera arrivée entre temps...

Notre Pèlerin et Juan sont également accueillis avec les honneurs au siège de « Peru runners », la principale instance péruvienne de course à pied.

Vendredi 19 août 2016 : départ officiel de Lima

Après une première nuit sur le sol péruvien, le lever se fera de bonne heure... En effet, le périple de notre Pèlerin est déjà médiatisé depuis plusieurs semaines au Pérou, par l’intermédiaire d’Oscar. La lutte contre la mucoviscidose a aussi lieu dans ce pays et courir pour cette cause reçoit un écho très positif des Péruviens. Eux aussi sont mobilisés.

 

Notre Pèlerin est donc attendu pour un départ officiel de la place principale de Lima avec plus de 100 coureurs pour l’accompagner sur les 10 premiers kilomètres... Mais, considérant la pollution et la circulation très difficile de la ville, le départ a lieu à 6h30 ! C’est donc avec à peine moins de 7 heures de sommeil que notre Pèlerin chausse les baskets pour la première fois sur le sol péruvien. L’ambiance est incroyable, les péruviens se montrent très chaleureux et intrigués par notre français qu’ils ne cessent d’encourager. Même la télévision nationale est présente pour connaître les motivations de notre athlète qui terminera son interview par un « Viva Peru ! ». Notre Pèlerin ne s’attendait pas à un tel accueil et il sent la pression monter...

 

Les sensations ne sont hélas pas au rendez-vous : les jambes sont lourdes, probablement le contre coups du voyage et du décalage horaire (7heures de moins qu’en France). Précédé de Juan qui le ravitaille à partir d’un véhicule, il parcourt cependant sans encombre ses premiers 40 kms sous un petit crachin rafraichissant... L’arrivée de cette première étape se fera sur le mythique site de Pachacamac, immense site archéologique présentant l’histoire de la civilisation péruvienne. Nos deux français y feront aussi leur première rencontre avec un lama qui a eu la délicatesse de ne pas leur cracher dessus...

Jeudi 18 août 2016 : Paris - Lima

Départ de l’avion à 14h pour Lima. Serge ! Juan ! 14h, c’est l’heure du départ de l’avion, pas celle à laquelle il faut arriver à l’aéroport... Alors qu’ils arrivent détendus à Charles de Gaulle, pensant être largement dans les temps, ils entendent un message qui sera leur première montée d’adrénaline : « Serge Dubois et Juan Perucha sont attendus dans la salle d’embarquement pour Lima ». Les jambes se mettent à courir, on se repère, on cherche les papiers, on peste mais... ouf ! ça passe !  Mais au moment de s’asseoir dans l’avion, Juan constate que sa place est prise. Alors on peste à nouveau, on discute, on fait se déplacer mais ... ouf ! on est enfin assis. En voilà deux qui se seront faits remarquer dès le départ. Heureusement, l’hôtesse de l’air est sympathique et le voyage se déroule bien. Serge dort. Juan, lui, pense : il sait qu’il sera un véritable service logistique pour Serge qui ne devra penser qu’à courir et être délesté de tous les soucis pratiques pour réussir. Ravitaillement, lessive, préparation des repas, recherche des nuitées...

 

A la descente de l’avion, sur le tarmac de Lima, ils sont attendus par Oscar. Rencontré quelques mois plus tôt sur les réseaux sociaux, Oscar est le « papi de l’athlétisme Péruvien ». Licencié au club de Lima, Serge, Juan et lui ont beaucoup conversé par mail sur le périple qu’allait accomplir notre Pèlerin. Oscar a été séduit, décision est prise : il sera de la partie. Une aide précieuse pour nos deux français pour vaincre la barrière culturelle et celle de la langue.

 

En le voyant, il n’y a pas de doute, Oscar a aussi tout préparé de son  côté : il arbore un superbe maillot aux couleurs du Pèlerin. Premiers mots dans un espagnol bredouillant, des accolades chaleureuses et pour la première fois de l’aventure, voici notre trio constitué. Oscar est surpris de voir que seules deux valises accompagnent nos athlètes. Lui leur montre son véritable arsenal... Nos français ont-ils mesuré tout ce qui les attend ?

Pour l’instant, l’heure est au repos. Oscar les conduit dans un charmant restaurant puis dans leur hôtel. Fourbus par le voyage, notre Pèlerin et Juan ne tardent pas à s’endormir...

Mercredi 17 août 2016 : Départ du Puy en Velay

On y est. C’est le jour du départ. Notre Pèlerin avait donné rendez-vous à tous ceux qui le souhaitaient à 9h30 au stade Massot pour un « footing de décrassage ».Une vingtaine de personnes ont répondu présent. Pour lui, plus qu’un footing, c’est surtout l’occasion de se sentir entouré et soutenu. Une façon de « faire le plein d’amour » avant un périple où, il le sait, l’isolement et la douleur seront fréquents. Alors, il savoure. Il prend visuellement en photos ses bons moments pour pouvoir les faire défiler dans son esprit le moment venu. L’ambiance est chaleureuse, détendue. Le stade Massot, le conseil général, la cathédrale.

 

Assis sur les marches, il contemple cette mythique montée de la cathédrale d’où il était parti il y a quelques années, courir sur le Chemin de St Jacques de Compostelle. Aujourd’hui, elles sont à nouveau synonyme de grand départ. Un petit pincement le gagne : un mélange de plaisir grisant et d’angoisse.

Une réception en mairie, en présence de M. Le Maire, clôturera officiellement ce départ du Puy en Velay. Direction La gare de Lyon. « Phiphi » qui l’assistait sur les Chemins de St Jacques est de la partie : il s’agit pour lui d’un passage de relais à Juan Perucha, le nouvel assistant du Pèlerin.

 

Lyon – Paris en TGV, hébergement d’une nuit chez une aimable connaissance. L’endormissement est un peu long mais la nuit est bonne.

Lundi 15 août 2016 : Le trail du Mézenc

Le départ n’a jamais été aussi proche. Cette course est la dernière occasion officielle de faire tourner les jambes avant le départ de mercredi. Une seule crainte depuis quelques jours, la blessure. Elle mettrait à néant tous les efforts et la préparation de ses derniers mois. Alors notre Pèlerin joue la prudence avant tout...

 

L’ambiance est formidable. Courir pour le petit Paul atteint d’une leucémie, donne des ailes et projette inconsciemment notre Pèlerin vers le défi et sa cause qui lui tendent les bras à des milliers des kilomètres. Tout se passe bien. Il est à l’écoute de son corps, sent tous ses membres pendant l’effort, guette un signe qui serait de mauvais augure... mais les sensations sont excellentes. Aucune douleur. Juan Perucha qui l’assistera sur le chemin des Incas finit quelques minutes après lui, le sourire aux lèvres...

Ils se tapent dans les mains, ils sont prêts !

Mercredi 13 juillet 2016

C'est aujourd'hui que commencera la rédaction de ce journal de bord destiné à vous faire suivre l'avancée de notre défi Pérou. Nous sommes à un peu plus d'un mois du départ et, en ce 13 juillet, la pression est montée d'un cran... Tout notre défi s'est fait d'un coup plus concret quand l'un de nos fidèles sponsors, Celnat, nous a remis les vivres qui nous accompagneront pendant cette épopée d'un mois au Pérou. Une bonne hygiène nutritionnelle est un élément indissociable de la réussite. Juan m'accompagnera, gérant la logistique quotidienne de ma course. Aujourd'hui, ce sont ses bras qui m'ont été utiles !!!

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